Journal de Kafka (III,7)

Comme les acteurs m’ont paru meurtris après la représentation, comme je craignais de les toucher d’un seul mot. Comme j’ai préféré partir vite après une rapide poignée de main, comme si j’avais été fâché et mécontent parce qu’il m’était impossible d’exprimer la vérité de mon impression. Tous m’ont paru faux à part Max qui a dit calmement quelques mots sans contenu. Mais faux était celui qui se renseignait sur un détail honteux, faux celui qui répondait par une blague à une remarque de l’acteur, faux l’ironique, faux celui qui commençait à décomposer son impression mêlée, tous des canailles qui, fort justement pressées dans la profondeur de la salle de spectacle, se levaient maintenant tard dans la nuit et remarquaient à nouveau leur valeur. (Très loin de ce qui est juste)

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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