Journal de Kafka (V,14)

Extrait d’un poème de Rosenfeld mettant en scène une tempête en mer : « Les âmes s’agitent, les corps tremblent ». En récitant, Löwy contracte la peau du front et à la racine du nez, comme on ne croit pouvoir contracter que les mains. Aux passages les plus émouvants qu’il veut nous faire sentir, il se rapproche de nous ou plutôt il se grandit en rendant sa silhouette plus nette. Il s’avance juste un peu, garde les yeux écarquillés, tire sur sa redingote de sa main gauche absente et tient la main droite dirigée vers nous largement ouverte. Même si nous ne sommes pas émus, il nous faut reconnaître son émotion et lui expliquer comment le désastre décrit a été possible.


Sturm, poème de Morris Rosenfeld (1862-1923), poète yiddish. Une traduction allemande de son recueil Lider-bukh dont est extrait ce poème était parue à Berlin en 1902 sous le titre Lieder des Ghetto.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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