Journal de Kafka (V,39)

À partir d’aujourd’hui, ne pas lâcher le journal ! Ecrire régulièrement ! Ne pas se croire perdu ! Même si ne vient aucune délivrance, je veux cependant être digne d’elle à chaque instant. J’ai passé la soirée à la table familiale dans une absolue indifférence, la main droite sur le dossier de la chaise de ma sœur en train de jouer aux cartes à côté de moi, la main gauche posée mollement sur mes genoux. De temps en temps, j’ai tenté de prendre conscience de mon malheur, j’y suis à peine arrivé. –

Scène récurrente dans le Journal ou dans les lettres : Franz passant la soirée à côté de ses parents et de ses sœurs en train de jouer aux cartes, tenant de lire ou d’écrire : « En ce moment, mes parents sont assis à table, je ne peux plus écrire si tranquillement, le père respire fort par la bouche, à présent il lit le journal du soir, après cela il commencera à jouer au jeu de cartes habituel avec la mère en criant et riant, sans oublier les querelles à cause de la pipe. » (lettre de Franz Kafka à Grete Bloch, 3 mars 1914)

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :