Journal de Kafka (VII,8)

23.  II  14.       Je pars. Lettre de Musil. Me fait plaisir et m’attriste, car je n’ai rien.


Kafka part à Berlin pour y rencontrer Felice Bauer. Il souhaite parler avec elle après n’avoir eu que des réponses hésitantes à ses lettres dans lesquelles il évoquait son désir de l’épouser. Ils se rencontreront plusieurs fois pendant le week-end du 27 février au 1er mars 1914, rencontres lors desquelles Felice exprimera ses réticences quant à ce projet de mariage. Ils finiront par se fiancer de façon inofficielle lors d’un prochain séjour de Kafka à Berlin du 11 au 13 avril 1914, et Felice donnera son accord pour un mariage en septembre de la même année.

« Lettre de Musil » : lettre du 22 février 1914. Musil avait été nommé rédacteur de la célèbre revue Die Neue Rundschau le 1er février 1914. La revue était publiée par Samuel Fischer, directeur des éditions du même nom : celui-ci avait chargé le jeune écrivain d’origine autrichienne de prendre contact avec des auteurs de la nouvelle génération. Musil avait aussitôt écrit à Max Brod pour lui demander l’adresse de Kafka, dont il avait lu Le Chauffeur publié aux éditions Kurt Wolff. « Considérez cette revue comme votre organe personnel », pouvait-on notamment lire dans cette lettre de Musil. Le « Je n’ai rien » de Kafka se réfère au fait qu’il avait confié les 77 pages du manuscrit de La Métamorphose à Franz Blei, rédacteur d’une nouvelle revue, Die weißen Blätter, rattachée aux éditions Kurt Wolff où Kafka était déjà publié. Kafka proposera malgré tout à Musil de publier ce récit dans Die Neue Rundschau, ce qui ne se fit pas, car Samuel Fischer désirait raccourcir le texte.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

Un avis sur “Journal de Kafka (VII,8)

  1. Je vous suis tellement reconnaissante pour la clarté de vos commentaires du texte de Kafka. Tellement de fatras alambiqué entoure depuis tant d’années les évènements de la vie de K. que j’ai fini par renoncer à essayer d’y comprendre quelque chose, ce qui me faisait de la peine car cela me privait en quelque sorte de la compagnie de Franz. Mais aujourd’hui, j’ai le sentiment que je peux vous faire confiance, que vous êtes fiable, quelque chose dans la clarté de vos explications sans parler de la richesse de tous les détails qui les étayent me permettent de le croire. Encore une fois, soyez- en infiniment remercié. Liliane Breuning

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