Journal de Kafka (VII,74)

31.       Je n’ai pas de temps. C’est la mobilisation générale. K. et P. sont appelés sous les drapeaux. Je reçois maintenant la récompense de ma solitude. À vrai dire c’est à peine une récompense, la solitude n’apporte que des châtiments. Toujours est-il que je suis peu touché par toute cette misère et plus déterminé que jamais. Il faudra que je sois à l’usine les après-midis, je n’habiterai pas à la maison car E. s’installe chez nous avec ses 2 enfants. Mais j’écrirai malgré tout cela, quoiqu’il arrive, c’est le combat que je mène pour ma propre survie.


Passage écrit le 31 juillet 1914.

K. et P. : il s’agit de ses deux beaux-frères, Karl Hermann et Josef Pollak.

L’Office des assurances pour les accidents des travailleurs du royaume de Bohême où travaillait Kafka l’ayant déclaré comme « indisponible » auprès des autorités, il eut le statut de « recrue du service sans armes » (Rekrutierter zum Dienst ohne Waffen ») tout a long de la Première guerre mondiale.

« L’usine » : l’usine d’amiante, gérée par le père de Kafka, Karl Hermann et Franz Kafka lui-même, qui se plaint amèrement de cette tâche supplémentaire à plusieurs reprises dans le Journal.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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