Journal de Kafka (VII,80)

6  VII   L’artillerie qui a défilé sur le Graben. Fleurs, hourras et nazdar. Le visage noir aux yeux noirs, désespérément silencieux, étonné, attentif. – Je suis détruit au lieu d’être reposé. Un bocal vide, encore entier mais déjà au milieu des débris ou déjà débris et encore au milieu de ceux qui sont entiers. Plein de mensonge, de haine et d’envie. Plein d’incapacité, de bêtise, de lenteur d’esprit. Plein de paresse, de faiblesse et d’incapacité à se défendre. 31 ans. J’ai vu les 2 économistes M. sur la photo d’Ottla. De jeunes hommes pleins de fraîcheur qui ont quelque savoir et qui sont assez forts pour l’employer parmi des hommes qui résistent nécessairement un peu. – L’un mène les beaux chevaux, l’autre est couché dans l’herbe et laisse le bout de sa langue entre ses lèvres dans un visage sinon immobile et absolument digne de confiance.


Nazdar : salut en tchèque, ici vivat.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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