Journal de Kafka (VIII,58)

13 août            Peut-être que tout est fini et que ma lettre d’hier est la dernière. Ce serait vraiment le mieux. Ce que je souffrirai, ce qu’elle souffrira – ce n’est rien en comparaison de la souffrance commune qui se formerait. Je me remettrai lentement, elle se mariera, c’est la seule issue entre vifs. Tous deux, nous ne pouvons pas nous frayer un chemin pour nous deux dans un roc, c’est assez que nous ayons pleuré à cause de cela pendant un an et que nous nous soyons acharnés. Elle le comprendra en lisant mes dernières lettres. Sinon, je l’épouserai sûrement, car je suis trop faible pour résister à l’opinion qu’elle s’est faite de notre bonheur commun et hors d’état de ne pas réaliser ce qu’elle considère comme possible, dans la mesure où cela dépend de moi.


Kafka évoque ici sa lettre du 12 août 1913 à Felice Bauer.

« entre vifs » : traduction exacte de l’expression juridique « unter Lebendigen » en allemand.

Publié par Laurent Margantin

Auteur, traducteur

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