Journal de Kafka (III,17)

31 octobre 1911 Bien que j’aie lu aujourd’hui quelques pages dans le catalogue Fischer dans l’Insel-Almanach dans la Rundschau, je suis assez sûr d’avoir tout intégré à fond ou bien superficiellement, mais toujours en me protégeant de toute atteinte. Et si je ne devais encore sortir avec Löwy, j’aurais suffisamment de confiance en moi pourLire la suite « Journal de Kafka (III,17) »

Journal de Kafka (III,16)

C’est une vieille habitude à moi de ne pas laisser les impressions pures, qu’elles soient douloureuses ou joyeuses, pourvu qu’elles aient atteint leur maximum de pureté, se perdre de façon bienfaisante dans tout mon être, mais de les brouiller et de les pourchasser avec de nouvelles impressions imprévues et fragiles. Ce n’est pas une mauvaiseLire la suite « Journal de Kafka (III,16) »

Journal de Kafka (III,15)

30 octobre 1911 Ce désir que j’ai presque toujours quand je sens que mon estomac va bien d’accumuler en moi des images de terribles audaces alimentaires. C’est surtout devant des viandes fumées que je satisfais ce désir. Si je vois une saucisse présentée sur une étiquette comme une vieille saucisse sèche faite maison, j’y mordsLire la suite « Journal de Kafka (III,15) »

Journal de Kafka (III,14)

Löwy : quatre amis devinrent dans leur vieillesse de savants talmudistes. Mais chacun eut un destin différent. L’un devint fou, un autre mourut, Rabbi Elieser devint libre penseur à l’âge de 40 ans, Akiba, qui n’avait commencé à étudier qu’à 40 ans, parvint à la connaissance absolue. Le disciple d’Elieser était le Rabbi Maier, un hommeLire la suite « Journal de Kafka (III,14) »

Journal de Kafka (III,13)

La vue des escaliers m’émeut tellement aujourd’hui. Tôt déjà et plusieurs fois depuis je me suis réjoui que soit visible de ma fenêtre la coupe triangulaire dans la rampe en pierre de cet escalier qui, à droite du pont Cech, descend vers le quai. Très en pente, comme s’il ne donnait qu’une rapide indication. EtLire la suite « Journal de Kafka (III,13) »

Journal de Kafka (III,12)

Bien que les habitués et les employés du café aiment les acteurs, ils ne peuvent continuer à les respecter quand les impressions ne leur tombent plus dessus, et ils méprisent les acteurs comme des crève-la-faim, des vagabonds, des compagnons des juifs tout à fait comme aux époques historiques. Ainsi, le maître d’hôtel a voulu jeterLire la suite « Journal de Kafka (III,12) »

Journal de Kafka (III,11)

J’ai rêvé aujourd’hui d’un âne qui ressemblait à un lévrier, et qui était très hésitant dans ses mouvements. Je l’ai observé minutieusement parce que j’étais conscient de la rareté du phénomène, mais ne m’est resté que le souvenir de ses minces pieds d’homme qui, à cause de leur longueur et de leur uniformité, ne meLire la suite « Journal de Kafka (III,11) »

Journal de Kafka (III,10)

Parfois il semble que la pièce repose en haut dans le sofite, que les acteurs en ont tiré des bandes dont ils tiennent l’extrémité dans les mains pour jouer ou bien qu’ils les ont enroulées autour de leur corps et que seulement de temps en temps une bande difficile à détacher emporte un acteur enLire la suite « Journal de Kafka (III,10) »

Journal de Kafka (III,9)

« Axiomes sur le drame » de Max dans la Schaubühne [1]. A tout à fait le caractère d’une vérité onirique à laquelle d’ailleurs l’expression « Axiomes » convient bien. Plus elle se gonfle comme en rêve, plus il faut la saisir froidement. Les principes suivants sont énoncés :L’essence du drame réside dans un manque, telle est la thèse.Le drame (surLire la suite « Journal de Kafka (III,9) »

Journal de Kafka (III,8)

28 octobre 1911 J’ai eu il est vrai un sentiment similaire, mais le jeu des acteurs et la pièce ont été loin de me sembler parfaits ce soir-là. C’est justement pour cela que j’étais tenu à un respect particulier envers les acteurs. Qui sait, lorsque les lacunes de l’impression sont petites tout en étant nombreuses,Lire la suite « Journal de Kafka (III,8) »